Bernard Royal Dauphiné

par Mélanie BAUDEMONT

Interview de Jean-Luc Alnet "3 millions d'euros seront investis sur le site de production de Grâne d'ici fin 2012"


L'Economie Drômoise : En ce moment la filière de la transformation de la volaille connait quelques difficultés. Quelles sont, à votre avis, les erreurs à ne pas commettre?
Jean-Luc Alnet : Il faut garder à l'esprit la compétitivité globale de la filière avec des bâtiments d'élevage de volailles à la pointe de l'innovation et de la performance, et des sites de production en lien avec l'évolution des process de fabrication industrielle. Depuis que Bernard Royal Dauphiné est entré dans le groupe Gastronome en 2001, des investissements sont réalisés chaque année. Le groupe, dont le siège est en Loire-Atlantique, engage entre 800 000 € et 1,2 M€ par an sur les sites drômois.

L'ED : Comment les sites de Grâne et de Pizançon bénéficient-ils de ces fonds?
J-L A : Nous venons d'achever un investissement de 700 000 € à Pizançon pour une salle dédiée à la fabrication de produits élaborés crus. Nous découpons 18 000 dindes par semaine et fabriquons quelque 1 000 tonnes de produits élaborés crus par an sur ce site. A fin 2014, nous aurons doublé cette capacité de production et nous prévoyons l'embauche d'une vingtaine de personnes. Pizançon abrite aussi notre centre R&D avec de nouveaux concepts. A Grâne, 3 M€ seront investis entre novembre 2012 et mars 2013 sur le site industriel. L'objectif est de travailler sur les process, l'amélioration des sepaces de travail, donc les conditions des salariés, et de faire entrer de nouvelles machines pour continuer d'aller chercher la compétitivité. En 2014, une vingtaine d'emplois seront créés sur le site de Grâne...

L'ED : Ces investissements contribuent-ils à la réindustrialisation de la France?
J-L A : On parle beaucoup de désindustrialisation de la France mais on ne parle pas des lourdeurs administratives et de la chape de plomb que sont les taxes sur les entreprises. On compare souvent l'industrie française à l'industrie allemande. Les écarts sont éloquents. En France, entre le moment où je trouve un éleveur potentiel et la livraison du premier poulet, il s'écoule 24 mois. En Allemagne, c'est 7 mois. le taux horaire chargé d'un ouvrier en France est de 22,50 euros alors qu'il ne touche que près de 9 euros. En Allemagne, ce taux horaire est à 9,70 euros. A-t-on aujourd'hui les moyens de se payer une 5ème semaine de congés payés et le 13ème mois? Ce sont des questions politiques auxquelles il faudra répondre un jour. Car entre les deux pays, la technologie est la même. Les éleveurs drômois sont aussi compétitifs que les éleveurs Allemands.

L'ED : Sur quels thèmes travaille votre centre de recherche de Pizançon?
J-L A : Nous faisons beaucoup de bench-mark sur les autres pays. Je veille ce qui se fait aux Etats-Unis, puisque leurs concepts arrivent en France une vingtaine d'années plus tard, et en Grande-Bretagne. La France est un pays de tradition qui a du mal à s'adapter à la nouveauté. Pourtant, les tendances de consommation de la volaiile évoluent. A titre d'exemple nous venons de sortir un poulet prêt à rotir conditionné dans une barquette en plastique conçue dans les pays nordiques et dont nous avons l'exclusivité d'utilisation en France. Ce poulet et son conditionnement innovant sont commercialisés sous la marque Royal Country depuis avril. Nous sortons deux ou trois nouveaux produits par an et en retirons autant des rayons pour ne oas multiplier les gammes. Toute productionconfondue, en larque propres comme Royal Country, Royal Bernard ou Poulet fermier de la Drôme et pour les marques de distributeurs, nous avons 400 références. La multiplication de ces références peut aussi poser la question de la compétitivité française. En se comparant toujours à l'Allemagne, nos confrères proposent un maximum de 50 références. Nos produits sont distribués à 80% via la grande distribution et chacun veut sa marque, son produit, son conditionnement...

L'ED : Vous évoquez la compétitivité globale de la filière. Comment coopérez-vous avec les éleveurs Drômois?
J-L A : La partie amont de la filière est gérée avec la coopérative Val Soleil qui collecte les céréales, gère les éleveurs et met à disposition les volailles selon les espèces. Un poulet demande 7 semaines d'élevage, un poulet fermier 11 semaines et une dinde 15 semaines. Notre planning est actualisé chaque semaine, en fonction de la saison notamment. Nous fournissons un bassin de quelque 23 millions de consommateurs potentiels sur une zone Lyon-Perpignan-Monaco. L'argument de la production régionale est important puisque nous sommes capables de livrer notre client, le jour même de la commande. Le système coopératif développé avec les éleveurs est plutôt bien adapté pour faire face à la demande de la grande distribution qui représente près de 80% des circuits de commercialisation en France.

L'ED : Combien pèse Bernard Royal Dauphiné en termes d'emplois dans la Drôme?
J-L A : Sur nos deux sites, nous employons environ 255 salariés. Mais sur l'ensemble de la filière, en incluant les emplois indirects chez les éleveurs, les transporteurs, les logisticiens... Nous estimons que Bernard Royal Dauphiné génère 800 à 900 emplois dans la Drôme. La majorité de nos partenaires se situe dans un rayon de 80 km autour de nos sites de production.

En savoir + : Tél : 04 75 76 61 50

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